1 Photo, 1 Histoire #22 : quand le marché se termine


Contexte : à la tombée de la nuit, le marché hebdomadaire se termine dans les rues d’un quartier populaire d’Athènes.

Le dernier billet de cette série était consacré aux migrants afghans faisant leurs achats sur un marché d’un quartier populaire du centre d’Athènes. Quand le marché se termine, à la tombée de la nuit, la routine des achats prend fin et une autre se met en place : la récupération des invendus.

Les exilés afghans qui habitent à Athènes sont dans une situation économique extrêmement difficile. Certaines familles ont épuisé leurs économies en voyageant depuis l’Afghanistan jusqu’ici. Le paiement des passeurs et de la nourriture depuis leur départ ont fait fondre le pécule qu’ils avaient constitué pour venir en Europe. Même si d’autres familles gardent de l’argent de côté pour payer les prochains passages vers l’Europe du Nord, les exilés afghans sont obligés de vivre d’expédients pendant tout leur séjour à Athènes.  Les hommes trouvent parfois une journée de travail au noir dans le bâtiment ou l’agriculture en se rassemblant à un endroit où les patrons grecs viendront chercher la main d’oeuvre nécessaire. Les salaires sont très bas, les patrons pas toujours honnêtes. Les dépenses en Euros sont lourdes pour des gens qui ont épargné en Afghanis. Les institutions caritatives sont peu nombreuses en Grèce (l’église orthodoxe n’est pas vraiment reconnue pour sa pratique de la charité, d’après plusieurs grecs). De sorte que la récupération des invendus sur le marché, la récupération d’ordures pour revente d’objets d’occasion sont devenus une source de nourriture et de revenus pour de nombreuses familles afghanes exilées à Athènes.

Un samedi de décembre, je venais voir ce marché après les injonctions de plusieurs afghans avec qui j’avais discuté. Ils avaient vu ce phénomène à la fin du marché. Ils ne comprenaient pas pourquoi les gens devenaient obligés de récupérer des fruits et légumes invendables pour manger. D’après ce que j’ai pu comprendre par mes échanges avec eux, les afghans semblent partager une culture où il faut récolter les fruits de son travail et ne pas rester inactif. Parce que la Grèce n’offre aucune solution à ces exilés, ils survivent dans la débrouille, en attendant les papiers ou le départ vers un autre pays d’accueil. Pendant la journée, des afghans faisaient des achats. Quand le marché se termine, ce sont les familles sans le sou qui investissent la rue, discrètement, pour trier les invendus qui pourraient encore être consommables. Je revenais sur mes pas après avoir remonté toute la rue dans laquelle s’était tenu le marché. Pendant la demi-heure de marche que j’avais à faire avant de revenir sur mes pas, le soleil se coucha. Alors que la nuit s’installait et que les employés municipaux s’employaient à effacer les traces de ce marché, j’aperçus une mère et sa fille de sept ou huit ans marcher devant moi. Je restais derrière elles pour observer leur façon d’opérer. C’est tout à fait semblable aux scènes que l’on peut voir après le marché sous les voies du métro du côté de la station Barbès. Sauf que cette fois-ci, une enfant était en train de ramasser quelques tomates ou quelques oranges pour les mettre dans un sac en plastique. Je pris quelques photos de cette petite fille et sa mère pendant quelques minutes, alors que les machines municipales de nettoyage éclairaient la chaussée devant elles.

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One Response to “1 Photo, 1 Histoire #22 : quand le marché se termine”

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