Une photo, une histoire #21 : Un avant gout d’Afghanistan


Contexte : Un marché hebdomadaire d’un quartier populaire du centre d’Athènes.

Les Afghans dAthènes font principalement leurs courses au marché, bien moins cher que les magasins grecs.

Les Afghans d'Athènes font principalement leurs courses au marché, où les prix sont bien moins élevés que dans les magasins grecs.

Le samedi, c’est jour de marché dans le quartier du centre d’Athènes qui accueille la plupart des migrants. Depuis quelques jours que j’étais arrivé dans la capitale grecque, plusieurs afghans m’avaient dit que je devrais aller dans ce marché du samedi si je voulais voir beaucoup d’afghans.

Je me suis donc rendu sur le marché un samedi gris du mois de décembre. Dès l’entrée dans la longue rue qui accueille les marchands sur ces trottoirs, je pénètre dans un autre monde, comme s’il existait une frontière interne à la Grèce. Toutes les nationalités exilées en Grèce semblent se trouver réunies sur ce marché : arabes du pourtour de la Méditerranée, bangladeshis, ghanéens, nigérians, et bien sûr des afghans au milieu de tant d’autres. Les seuls signes qui rappellent que nous sommes bien en territoire grec sont les écritaux des prix de la marchandise et les échanges en grec grâce auquel se concluent les transactions.

Des milliers de personnes sont passées faire leurs achats cette après-midi. Fendant la foule pour explorer le marché, mes oreilles bourdonnaient de la langue darie ou pachtoune. Puisque je cherchais à savoir comment vivaient les afghans en Grèce, je n’entendais plus qu’eux sur le marché. Tous les types d’exilés d’Afghanistan se présentèrent à mes yeux : voilées, une mère et sa fille faisant leurs courses ; des groupes de jeunes hommes plaisantant à voix haute ; des familles entières, le bébé dernier-né dans les bras du père. Presque tous les 10 mètres, j’entendais un groupe parler dans une langue sortie tout droit d’Afghanistan, révélant un peu plus le nombre d’exilés qui avaient échoué en Grèce depuis l’Asie centrale. Plusieurs fois, j’ai salué des hommes ou des familles avec qui j’avais longuement discuté les jours précédents.

Au bout d’une heure dans ce marché, j’avais aussi pu voir un afghan vendant des mouchoirs au coin d’une rue. Les immeubles à la façade vieillissante au-dessus de lui m’ont fait penser à une scène dans une grande ville d’Asie centrale, un peu comme si le nombre d’Afghans dans la rue transformait la scène en avant-gout d’Afghanistan.

Pendant tout ce temps passé à marcher au milieu de la foule, j’avais gardé l’appareil photo posé sur mon ventre, réglages de diaphragme et de vitesse faits. Je déclenchais sans porter l’appareil à mes yeux pour pouvoir réagir plus vite aux passants que je croisais. Sur cette photo, sacs de légumes en main, deux pachtounes distancent un Hazara de quelques pas.

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