Contexte : Pendant une cérémonie du Henné en Anatolie, Turquie.

Je n’aurais normalement jamais du prendre cette photo. Il n’y avait aucune chance pour que je sois à cet endroit quand cette femme était en train de danser. Mais la chance m’a souri, et j’ai pu asssister il y a deux jours à la cérémonie du Henné organisée en l’honneur de la future mariée, avec laquelle j’ai des liens familiaux.
Cette cérémonie du Henné se tient la nuit qui précède le mariage, et rassemble toutes les femmes de l’entourage de la mariée, au cours d’une soirée qui serait l’équivalent turc d’un enterrement de vie de jeune fille. Au cours de cette soirée, les femmes se rassemblent et dansent pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’arrive le moment de procéder à la cérémonie proprement dite, appelée Kina Gecesi en turc.
La future mariée est amenée au centre de la pièce, qui n’est éclairée que par des bougies. On place un voile rouge sur sa tête, et le Henné, qui est traditionnellement préparé par une femme dont les parents sont vivants et n’ont jamais été séparé, est amené aux côtés de la mariée. Le Henné est ensuite mis sur les mains de la future mariée, à l’intérieur de la paume. Une pièce de monnaie a également été placée au centre de la paume. Une fois que le henné a été donné à la mariée, il est également distribué aux autres femmes présentes. Au cours de cette nuit, la cérémonie n’était pas 100% traditionnelle puisque j’étais présent pour prendre des photos, mais aussi parce que le marié a été présent 10 minutes le temps de se faire recouvrir les paumes des mains de henné, puis le temps d’une danse avec sa future femme. Les cérémonies traditionnelles évoluent, et je ne peux que m’en féliciter.
Mais la tradition a repris le dessus quand la mère du futur marié m’a gentiment demandé de sortir pour que les femmes les plus traditionnelles présentes dans la pièce puissent danser, ou enlever leur voile. Je suis quand même bien reconnaissant à toutes ces femmes de m’avoir accepté dans la cérémonie, et surtout d’avoir à certains moments oublié ma présence. Ce qui m’a permis de prendre cette photo d’une femme de Konya, une cité très traditionnelle de Turquie, dansant avec son voile. La nuit suivante, cette dame était présente au mariage, mais n’a pas dansé car la salle accueillait des hommes et des femmes en même temps.