1 Photo, 1 Histoire #22 : quand le marché se termine

Contexte : à la tombée de la nuit, le marché hebdomadaire se termine dans les rues d’un quartier populaire d’Athènes.

Le dernier billet de cette série était consacré aux migrants afghans faisant leurs achats sur un marché d’un quartier populaire du centre d’Athènes. Quand le marché se termine, à la tombée de la nuit, la routine des achats prend fin et une autre se met en place : la récupération des invendus.

Les exilés afghans qui habitent à Athènes sont dans une situation économique extrêmement difficile. Certaines familles ont épuisé leurs économies en voyageant depuis l’Afghanistan jusqu’ici. Le paiement des passeurs et de la nourriture depuis leur départ ont fait fondre le pécule qu’ils avaient constitué pour venir en Europe. Même si d’autres familles gardent de l’argent de côté pour payer les prochains passages vers l’Europe du Nord, les exilés afghans sont obligés de vivre d’expédients pendant tout leur séjour à Athènes.  Les hommes trouvent parfois une journée de travail au noir dans le bâtiment ou l’agriculture en se rassemblant à un endroit où les patrons grecs viendront chercher la main d’oeuvre nécessaire. Les salaires sont très bas, les patrons pas toujours honnêtes. Les dépenses en Euros sont lourdes pour des gens qui ont épargné en Afghanis. Les institutions caritatives sont peu nombreuses en Grèce (l’église orthodoxe n’est pas vraiment reconnue pour sa pratique de la charité, d’après plusieurs grecs). De sorte que la récupération des invendus sur le marché, la récupération d’ordures pour revente d’objets d’occasion sont devenus une source de nourriture et de revenus pour de nombreuses familles afghanes exilées à Athènes.

Un samedi de décembre, je venais voir ce marché après les injonctions de plusieurs afghans avec qui j’avais discuté. Ils avaient vu ce phénomène à la fin du marché. Ils ne comprenaient pas pourquoi les gens devenaient obligés de récupérer des fruits et légumes invendables pour manger. D’après ce que j’ai pu comprendre par mes échanges avec eux, les afghans semblent partager une culture où il faut récolter les fruits de son travail et ne pas rester inactif. Parce que la Grèce n’offre aucune solution à ces exilés, ils survivent dans la débrouille, en attendant les papiers ou le départ vers un autre pays d’accueil. Pendant la journée, des afghans faisaient des achats. Quand le marché se termine, ce sont les familles sans le sou qui investissent la rue, discrètement, pour trier les invendus qui pourraient encore être consommables. Je revenais sur mes pas après avoir remonté toute la rue dans laquelle s’était tenu le marché. Pendant la demi-heure de marche que j’avais à faire avant de revenir sur mes pas, le soleil se coucha. Alors que la nuit s’installait et que les employés municipaux s’employaient à effacer les traces de ce marché, j’aperçus une mère et sa fille de sept ou huit ans marcher devant moi. Je restais derrière elles pour observer leur façon d’opérer. C’est tout à fait semblable aux scènes que l’on peut voir après le marché sous les voies du métro du côté de la station Barbès. Sauf que cette fois-ci, une enfant était en train de ramasser quelques tomates ou quelques oranges pour les mettre dans un sac en plastique. Je pris quelques photos de cette petite fille et sa mère pendant quelques minutes, alors que les machines municipales de nettoyage éclairaient la chaussée devant elles.

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Décryptage de la stratégie militaire iranienne

Comme je l’avais annoncé dans le billet précédent de la série L’Iran pour les nuls, voici un billet sur la stratégie militaire iranienne, basée sur des tactiques innovantes et soutenant les objectifs impériaux de l’Iran.

Afin d’illustrer le propos sur la stratégie militaire de l’Iran, il me parait avant tout nécessaire de faire un état des lieux des capacités de ses forces armées avant de détailler la façon dont elles pourraient être mises en oeuvre. J’avais décrit succintement les composantes des forces armées iranienne dans un précédent billet. Mais il me semble nécessaire de faire un rapide rappel.

Les iraniens comptent plus sur leur défense anti-aérienne que sur la capacité de leur armée de l'air à défendre leur ciel.

Les iraniens comptent plus sur leur défense anti-aérienne que sur la capacité de leur armée de l'air à défendre leur ciel.

Depuis la disparition de l’armée de Saddam Hussein, l’Iran est devenu le pays disposant de la plus grande armée du Moyen-Orient, avec environ un million de personnels, répartis entre l’Armée (Artesh, comptant pour 3/4 des effectifs ) et le Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI ou pasdaran, comptant pour 1/4). L’Iran a perdu beaucoup de ses capacités militaires après la guerre Iran-Irak et oeuvre à les reconstruire depuis. Son armée de l’air et sa marine sont mal équipées et peu nombreuses (matériel conventionnel vieillissant ou obsolète). Pour pallier la faiblesse de la défense de son espace aérien, l’Iran a fait de la défense anti-aérienne une armée à part entière en 2009. La réorganisation des forces armées est en cours depuis plusieurs années pour permettre aux forces armées iraniennes d’atteindre plus aisément leurs objectifs. Ces objectifs sont avant tout ceux de n’importe quelle autre armée du monde : la protection du territoire national. Le gouvernement iranien considère aussi la sécurité intérieure comme particulièrement importante (le CGRI a pour objectif de “défendre la révolution islamique”, comme son nom l’indique. Ils sont assistés par le corps des volontaires des Bassijis, qui assurent le respect des règles sociales imposées par la république islamique).

L’Armée iranienne est sous le commandement suprême du Guide de la Révolution, l’Ayatollah Ali Khamenei. C’est un organe sous son autorité, appelé Conseil Suprême de Sécurité nationale qui est en charge de toutes les politiques de défense, de l’organisation des forces armées, de leur coordination et du renseignement. Ce conseil est présidé par le président de la république, Mahmoud Ahmadinejad (une liste des membres peut être consultée ici).

Pour pallier à son isolement international et aux faiblesses de ses capacités conventionnelles, l’Iran a développé des tactiques militaires innovantes depuis une vingtaine d’années. Puisque les iraniens ne pourraient pas faire face à une attaque conventionnelle d’Israël ou des Etats-Unis, ils ont choisi dans leur stratégie de développer des capacités de guerre asymétrique en mettant à profit l’expérience acquise par le CGRI dans les années 1980.

(Lire la suite…)

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Une photo, une histoire #21 : Un avant gout d’Afghanistan

Contexte : Un marché hebdomadaire d’un quartier populaire du centre d’Athènes.

Les Afghans dAthènes font principalement leurs courses au marché, bien moins cher que les magasins grecs.

Les Afghans d'Athènes font principalement leurs courses au marché, où les prix sont bien moins élevés que dans les magasins grecs.

Le samedi, c’est jour de marché dans le quartier du centre d’Athènes qui accueille la plupart des migrants. Depuis quelques jours que j’étais arrivé dans la capitale grecque, plusieurs afghans m’avaient dit que je devrais aller dans ce marché du samedi si je voulais voir beaucoup d’afghans.

Je me suis donc rendu sur le marché un samedi gris du mois de décembre. Dès l’entrée dans la longue rue qui accueille les marchands sur ces trottoirs, je pénètre dans un autre monde, comme s’il existait une frontière interne à la Grèce. Toutes les nationalités exilées en Grèce semblent se trouver réunies sur ce marché : arabes du pourtour de la Méditerranée, bangladeshis, ghanéens, nigérians, et bien sûr des afghans au milieu de tant d’autres. Les seuls signes qui rappellent que nous sommes bien en territoire grec sont les écritaux des prix de la marchandise et les échanges en grec grâce auquel se concluent les transactions.

Des milliers de personnes sont passées faire leurs achats cette après-midi. Fendant la foule pour explorer le marché, mes oreilles bourdonnaient de la langue darie ou pachtoune. Puisque je cherchais à savoir comment vivaient les afghans en Grèce, je n’entendais plus qu’eux sur le marché. Tous les types d’exilés d’Afghanistan se présentèrent à mes yeux : voilées, une mère et sa fille faisant leurs courses ; des groupes de jeunes hommes plaisantant à voix haute ; des familles entières, le bébé dernier-né dans les bras du père. Presque tous les 10 mètres, j’entendais un groupe parler dans une langue sortie tout droit d’Afghanistan, révélant un peu plus le nombre d’exilés qui avaient échoué en Grèce depuis l’Asie centrale. Plusieurs fois, j’ai salué des hommes ou des familles avec qui j’avais longuement discuté les jours précédents.

Au bout d’une heure dans ce marché, j’avais aussi pu voir un afghan vendant des mouchoirs au coin d’une rue. Les immeubles à la façade vieillissante au-dessus de lui m’ont fait penser à une scène dans une grande ville d’Asie centrale, un peu comme si le nombre d’Afghans dans la rue transformait la scène en avant-gout d’Afghanistan.

Pendant tout ce temps passé à marcher au milieu de la foule, j’avais gardé l’appareil photo posé sur mon ventre, réglages de diaphragme et de vitesse faits. Je déclenchais sans porter l’appareil à mes yeux pour pouvoir réagir plus vite aux passants que je croisais. Sur cette photo, sacs de légumes en main, deux pachtounes distancent un Hazara de quelques pas.

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L’Iran, une puissance régionale incontournable

Je suis en train de terminer la lecture du dernier livre de Robert Baer, ex-agent de la CIA au Moyen-Orient devenu journaliste. Ce livre m’a donné le sujet de mon prochain billet de la série l’Iran pour les Nuls : l’Iran est devenu une puissance régionale incontournable. Ce sujet me semble d’autant plus important à aborder que les medias de masse ne le traitent jamais directement.

L’Iran apparait toujours comme un paria sur la scène internationale et un sponsor du terrorrisme. Mais la réalité géopolitique, comme souvent, est plus fine qu’il n’y parait. Depuis la révolution iranienne et l’anarchie qui s’ensuivit en 1979, l’Iran est devenue en l’espace de trois décennies, le pays le plus puissant et le plus stable du Moyen-Orient. Cet article permettra de comprendre la stratégie qui se décide à Téhéran pour faire de l’Iran un empire qui règnera sur le Moyen-Orient.

L’avatar le plus flagrant de la puissance iranienne au Moyen-Orient se trouve au Liban. En 1982, juste après l’invasion israëlienne au Liban, l’Iran y envoyait ses gardes révolutionnaires (les Pasdaran) pour y semer le désordre. A cette époque, la stratégie de l’Iran était peu claire, et l’Etat iranien sponsorisait le terrorisme plus qu’il n’avait un véritable plan de domination du Moyen-Orient. Comptant sur les liens historiques remontant au XVIème siècle entre chiites libanais et iraniens, l’Iran a fondé le Hezbollah libanais en exploitant la veine nationaliste des libanais, qui ne voulaient pas d’une occupation israelienne. Grâce à ses armes et son argent, l’Iran a fait du Hezbollah une des plus puissantes armées de guerilla du monde, qui a tenu tête à la puissante armée israëlienne par deux fois. La première victoire du Hezbollah a eu lieu en 2000 avec le retrait des troupes de Tsahal du Liban, et la seconde a eu lieu en 2006 avec la défaite éclair de Tsahal face aux combattants du Hezbollah. Le Hezbollah est maintenant devenu une force politique de premier plan au Liban, et sa stratégie est en phase avec celle de Téhéran : résister au colonialisme, quel qu’il soit.

Trois ans après cette première victoire de l’Iran au Liban, les Etats-Unis ont offert à l’Iran un nouveau territoire d’influence en attaquant l’Irak et en faisant disparaitre Saddam Hussein, qui était l’ennemi le plus puissant de l’Iran dans la région, à la tête de la quatrième armée du monde à l’époque. En faisant disparaitre le dictacteur irakien, les Etats-Unis ont donné aux chiites irakiens (représentant 65% de la population irakienne) la possibilité d’accéder à un pouvoir politique qui leur était refusé sous le régime baassiste. Les iraniens ont profité de l’opportunité pour déployer leurs intermédiaires en Irak. Financant l’armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr, le CSRII, le Dawa et d’autres forces politiques irakiennes, les iraniens ont réussi à placer leurs intermédiaires au gouvernement irakien. Et pour les irakiens, Téhéran compte plus que Washington. La puissance iranienne en Irak est aussi économique. Dès que Saddam Hussein est tombé, et alors que les américains tentent de sécuriser le pays, les iraniens ont fait rentrer leurs produits sur le marché irakien. Aujourd’hui, dans la région sud de l’Irak, à majorité chiite, les produits iraniens sont sur tous les étalages et les rials iraniens sont plus utilisés que la monnaie irakienne ou le dollar.

L’invasion de l’Afghanistan par les Etats-Unis en 2001 a aussi servi les intérêts de l’Iran dans la région. Voyant dans les Talibans une menace, les iraniens ont toujours tout fait pour les combattre, de manière discrète. Ils ont même coopéré avec la communauté internationale sur la question des drogues, qui sont un fléau en Iran. Presque une décennie après l’arrivée des américains en Afghanistan, l’Iran a profité du chaos régnant chez son voisin pour remettre la main sur un morceau de territoire qui était intégré à l’empire iranien jusqu’au XIXème siècle : Herat et sa région. La situation à Herat est maintenant la même qu’à Bassorah, en Irak. Les produits iraniens sont sur tous les étalages, et les tomans sont plus utilisés que les afghanis pour les échanges monétaires.

Un des autres instruments de la puissance iranienne réside dans sa capacité et sa stratégie de contrôle des flux énergétiques. Le Moyen-Orient est la plus importante des régions productrices d’hydrocarbures du monde, et l’Iran se trouve en son carrefour. A plusieurs reprises, l’Iran a déjà menacé de “fermer” le détroit d’Ormuz en cas d’attaque contre son territoire. Grâce aux missiles sol-mer Silkworm chinois acquis en nombre depuis les années 1990, cachés et disséminés tout le long de la côte nord du Golfe Persique, l’Iran est en mesure de couper le trafic du Golfe Persique, par lequel transite chaque jour plus d’un tiers de la production mondiale de pétrole. Dans sa stratégie de contrôle des flux énergétiques, l’Iran s’est rapproché de  ses voisins producteurs ou consommateurs d’hydrocarbures. L’Azerbaïdjan est courtisé par l’Iran, qui offrirait ainsi une voie alternative (et des revenus supplémentaires) vers les terminaux pétroliers du Golfe Persique pour exporter les ressources du bassin de la Caspienne. Le pouvoir de nuisance de l’Iran est aussi craint par les azerbaidjanais, puisque Téhéran pourrait couper le flux de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan via des opérations “terroristes”.  Dans la même optique, on peut noter une inflexion de la position turque vis-à-vis de Téhéran. Bien que membres de l’Otan et sous influence américaine, les turques se rapprochent de l’Iran pour éviter son courroux qui ferait fermer aux iraniens les robinets du gaz turkmène transitant par le territoire iranien. Enfin, le projet de gazoduc reliant le Turkménistan au Pakistan est lui aussi en ligne de mire de l’Iran. Si le trajet devait passer par l’Afghanistan, l’Iran utiliserait son pouvoir de nuisance pour couper le flux. Si le trajet passait par l’Iran, les iraniens auraient le contrôle direct des approvisionnements en gaz du Pakistan. Dans les deux cas, les iraniens n’offrent pas d’autre alternative aux Pakistanais que de passer par eux.

Enfin, l’Iran dispose d’un autre objectif dans sa stratégie de conquête du pouvoir : prendre le leadership du monde musulman dans son ensemble, et, si l’occasion se présente, prendre le contrôle sur les lieux saints de la Mecque. Pour ce faire, l’Iran s’appuie sur la déliquescence et l’éclatement du pouvoir du monde sunnite. Les etats arabes du golfe, richissimes et corrompus, ne se sont jamais posés en défenseur de la rue arabe ; dans le même temps, l’Iran se positionne comme combattant le colonialisme. Ses dirigeants, qui offrent aux medias une image humble et pieuse, recueillent plus de soutien dans le monde musulman que les riches familles arabes régnant dans le Golfe. L’Iran fait aujourd’hui preuve de pragmatisme et ne joue pas la carte des chiites contre les sunnites, mais joue au contraire le rôle de rassembleur du monde musulman, en voulant libérer le Dar-al-Islam (le monde islamique) des influences étrangères, comme en témoigne un discours du Guide suprême Ali Khamenei devant le Conseil de sécurité nationale iranien en 2000, après le retrait israëlien du Liban : “Le Liban  est la plus grande réussite de l’Iran en termes de politique étrangère, nous la répéterons dans tout le monde islamique, jusqu’à ce que tout l’Islam soit libéré.”

En se basant sur les actes et le discours tenu aux officiels occidentaux, Robert Baer a dégagé six objectifs que poursuivent les iraniens :

  • la sécurité intérieure. L’Iran veut que les Etats-Unis arrêtent d’exploiter le caractère multi-ethnique de la société iranienne en cessant de financer et d’aider des groupes qu’il considère comme terroristes : le PEJAK Kurde, le Jundallah Baloutche et les Moudjahidin-e Khalq, un groupe islamo-marxiste.
  • l’Irak. La sécurité de l’Irak est vitale pour l’Iran, qui ne peut laisser le chaos se prolonger indéfiniment. L’Iran ne souhaite pas non plus voir s’installer un régime qui lui serait hostile à Bagdad.
  • l’énergie. L’Iran veut pouvoir tirer un meilleur prix de son pétrole et développer des technologies modernes pour faciliter son extraction. Les iraniens veulent aussi pouvoir développer des sources d’énergie alternative en prévision de l’épuisement des ressources, ce qui inclut le développement des centrales nucléaires.
  • l’empire iranien. l’Iran fera tout pour garder sa domination sur le Liban, le Golfe, Gaza, l’Irak et la Syrie.
  • le contrôle de la Mecque et Médine. Les chiites ont, depuis 1300 ans, été des musulmans de second ordre. Leur puissance militaire leur permettra d’exiger un contrôle sur un la Mecque et Medine.
  • la reconnaissance et l’égalité. Les iraniens veulent qu’ont les traite équitablement et que le pays soit reconnu pour ce qu’il est : un pays dont les frontières ont peu bougé depuis 2000 ans, second producteur de l’OPEP, pays le plus puissant du golfe, puissance économique régionale et une influence majeure sur l’Islam.

J’aborderais dans le prochain billet les spécifités de la puissance militaire iranienne qui permet de soutenir ces objectifs impériaux, spécificités fondées sur des tactiques innovantes apprises ces trente dernières années sur les champs de bataille du Moyen-Orient.

Références :

Téhéran avance ses pions en AzerbaïdjanT

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Une photo, une histoire #20: Monte Alban

Contexte : Au sommet d’une des pyramides de Monte Alban, site archéologique zapotèque à proximité de la ville d’Oaxaca, Mexique.

Monte Alban

Monte Alban

De retour dans la grisaille parisienne, j’avais envie d’un peu de soleil ; c’est pour cette raison que j’ai choisi cette photo de Monte Alban.

Monte Alban est un site archeologique zapoteque, situé à une dizaine de kilomètres d’Oaxaca, dans le sud du Mexique. Le site a la particularité d’être construit au sommet d’une colline, arasée par la main de l’homme, qui surplombe de 400 m trois vallées qui l’entourent, à plus de 1940 m au dessus du niveau de la mer. Occupé entre 500 av. J.-C. et 800 ap. J.-C. le site a ensuite été abandonné. Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1987, le site peut maintenant être visité facilement depuis Oaxaca.

J’étais au Mexique en 2001 pour un échange universitaire, et nous avions décidé, avec deux compères, de mettre à profit notre temps libre avant dedevoir rentrer en France pour visiter le sud du Mexique. Nous étions passés par le Yucatan, puis le Chiapas avant d’arriver en Oaxaca.

Puisqu’il n’est pas possible de considérer une visite touristique à Oaxaca complète sans avoir vu Monte Alban, nous avons voulu y venir. Mais pas en prenant un bus ou un taxi qui nous amènerait directement au site. Puisque Monte Alban était un centre religieux en haut d’une montagne, et parce que nous n’aimions pas la facilité, nous avons pris la méthode la plus courageuse (et aussi la moins chère pour  les étudiants que nous étions). Un colectivo (les transports en commun mexicains) nous amènerait en banlieue d’Oaxaca, au pied de la montagne, et nous finirions les 3 ou 4 kilomètres d’ascencion à pied. Le temps étqit clément et ensoleillé, même si nous étions en plein mois de décembre. Nous avons donc laissé le bus puis entamé cette montée qui a du nous prendre une bonne heure. La pente était raide, mais la chaleur ne nous assomait pas. Le soleil du matin n’était pas encore chaud. Nous étions les seuls à faire la montée à pied, et quelques minibus de touristes nous ont dépassé en nous faisant respirer leur poussière.

Arrivés au sommet de la colline, nous sommes rentrés dans le site archéologique qui nous a offert un spectacle à couper le souffle. La colline est située au point de rencontre de trois vallées et la vue depuis les constructions pré-colombiennes était éPoustouflante. Nous surplombions les vallées depuis les hauteurs, le ciel était d’un bleu profond et cosmique. Depuis la plateforme sud d’où a été prise cette photo, nous contemplions les restes d’une civilisation éteinte, qui ne connaissait pas la roue mais avait eu la force d’araser le sommet de cette colline pour en faire sa capitale.

Devant ce spectacle du bleu du ciel, du jaune de l’herbe en pleine saison sèche et de la force d’esprit de l’humanité qui nous a précédé, nous ne pouvions que rester muet devant un paysage si grandiose…

La série Une Photo, Une Histoire, est une série d’histoires courtes illustrées par une seule photo, publiées chaque semaine sur ce blog. Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici. Le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés.
Format

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Magnum Gallery

Magnum a ouvert une nouvelle gallerie à Paris, dans le 6ème arrondissement, Metro Saint-Germain.

Je suis allé y faire un tour hier sur la proposition d’un ami -qui se reconnaitra puisqu’il lit ce blog ;-)

La galerie est petite et les photos exposées sont parfois d’un format très petit. Hormis les photos, le plus intéressant est sans doute les livres de nombreux photographes Magnum qui sont proposés à la vente et à la consultation.

Pour plus d’informations : www.magnumgallery.fr

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1 Photo, 1 Histoire #19 : La route vers la déchéance

Contexte : Dans une chambre d’une des pensions clandestines accueillant les migrants afghans à Athènes.

Migrants afghans devenus héroïnomanes en Grèce, en train de se droguer.

Préparation pour fumer de l

Pendant le mois de décembre, lors de mon séjour en Grèce, j’ai eu l;a chance de pouvoir pénétrer dans une des pensions clandestines dans lesquelles certains migrants afghans séjournent quand ils passent par Athènes. Le lieu est en fait un appartement loué par un afghan qui sous-loue ensuite aux gens de passage. La vie est organisée de manière à maximiser la place dans l’appartement. Au moment où je suis passé dans cette pension, une soixantaine de personnes (hommes seuls, familles avec enfants) occupaient deux etages d’un petit immeuble (pour 150 mètres carrés environ).

Une des chambres de cette pension était exclusivement occupée par des hommes jeunes, entre 18 et 25 ans, qui étaient tombés dans la consommation d’héroïne depuis leur arrivée en Grèce. L’héroïne n’est apparemment pas très chère à Athènes, et se trouver très facilement, surtout dans le quartier d’Omonia. où les consommateurs grecs peuvent être vus en pleine défonce dans la rue.

Grâce au “gérant” de la pension clandestine, j’ai pu pénétrer dans cette chambre des héroïnomanes. Le gérant voulait absolument me faire connaître toute la misère que rencontrent les afghans quand ils passent par la Grèce. Une fois dans la chambre, le “gérant” a poussé les jeunes à me raconter leur histoire, à me raconter comment ils étaient tombé dans la consommation d’héroïne. Tous m’ont dit que c’est en Grèce qu’ils sont devenus accrocs, alors qu’ils n’y avaient jamais touché avant. Un des plus âgés d’entre eux avait bien gouté une fois à l’opium alors qu’il était en Iran, mais strictement tous étaient devenus des accrocs depuis leur arrivée en Grèce. La vie peut être d’une ironie crasse quand on sait que l’Afghanistan est le premier producteur mondial de pavot, la matière première qui sert à produire l’opium puis l’héroïne. L’ironie peut aller encore plus loin, puisque la production a fortement réaugmenté depuis 2001, c’est à dire depuis que les Etats-Unis sont présents en Afghanistan. La CIA a même été la complice passive du trafic d’héroïne vers les pays occidentaux pendant la guerre contre les Russes, puisque les chefs de guerre comme Gulbuddin Hekmatyar, alliés des Etats-Unis contre les soviétiques, trafiquaient l’héroïne pour financer leurs combats. Mais je m’égare un peu et ceci est une autre histoire.

Alors que j’étais assis dans cette chambre à écouter des jeunes hommes dont l’apparence avait été transformée par la consommation d’héroïne, je n’étais pas vraiment rassuré par la situation. Heureusement, ce manque d’assurance s’est atténué quand j’ai vu que d’autres hommes de la maison, non-consommateurs, nous avaient rejoint dans la chambre pour écouter les histoires que l’on me racontait. Pour des gens qui n’ont pas d’argent, je trouvais étonnant qu’ils fument cette drogue, mais comme souvent dans le cas des drogues dures, les consommateurs deviennent également des dealers à la petite semaine pour se permettre de payer leur consommation. Et à mesure que nous avancions dans la discussion, et qu’eux avancaient dans le manque, ils se sont mis à fumer devant moi, un peu comme pour me montrer dans quel état ils se mettaient. Déposant un peu de brown sugar sur un bout de papier d’alu, ils le réchauffaient à l’aide d’un morceau de papier torsadé afin d’en aspirer les vapeurs, comme c’est le cas sur cette photo. Après quelques dizaines de minutes, et peut-être autant de bouffées, leurs voix et leurs accents se sont faits plus incompréhensibles pour moi. Ils étaient en train de partir dans leur paradis artificiel qui leur permet d’oublier la difficulté et la déchéance de leur vie en Grèce. Attirés par un monde meilleur loin de la guerre, ils se retrouvent dans un pays qui ne leur offre quasiment aucun espoir d’obtenir des papiers. Enclavée géographiquement par rapport au reste de l’Europe, le passage vers l’Occident devient encore plus difficile. La police grecque ne fait pas de quartiers avec eux, les traite de manière inhumaine quasi-systématiquement (peut-être pour les dégouter de rester dans les pays ?) Et ces jeunes, pour oublier tout ça, se mettent à se droguer… Certains s’en sortiront sûrement s’ils arrivent à partir du pays, mais combien de ces jeunes afghans ont fui un pays en guerre en abandonnant leur famille pour se lancer sur cette route qui les mène parfois à la déchéance ?

Références :

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La diaspora iranienne

Les iraniens hors d’Iran seraient 2 à 3 millions aujourd’hui. Leur répartition s’est vue dans les manifestations à l’étranger contre les résultats des élections présidentielles iraniennes de 2009. Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Australie, Italie, … Cette émigration a connu plusieurs phases depuis les années 1950. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, plus d’un million d’iraniens sont partis de leur pays. Qui sont-ils ?

La constitution d’une diaspora iranienne s’est faite en trois phases depuis les années 1950. Ces trois phases sont un decoupage qui permet d’observer une certaine homogénéité dans les motivations des migrants.

Répartition des émigrés iraniens dans le monde

Répartition des émigrés iraniens dans le monde

La premiere phase de migration des iraniens s’etend entre 1950 et la révolution iranienne de 1979. Pendant cette période, ce sont majoritairement les enfants de la bourgeoisie et de la classe moyenne qui sont envoyés poursuivre leurs études à l’étranger, pour y recevoir une éducation supérieure plus complète et accéder à des postes plus élevés à leur retour au pays. A partir des années 1950, les revenus du pétrole et la modernisation du pays permettent l’émergence d’une classe moyenne et d’une bourgeoisie qui aura les moyens d’envoyer ses enfants à l’étranger. Les destinations les plus prisées sont les Etats-Unis d’Amerique et les grands pays européens. Juste avant la révolution iranienne, en 1977-80, les iraniens représentent le plus gros contingent d’étudiants étrangers aux Etats-Unis. Plus d’un tiers des migrants iraniens choisissent d’ailleurs ce pays, les autres se répartissant entre le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie. Il faut également citer l’immigration des iraniens vers les pays du Golfe Persique (Koweit et Dubai principalement), attirés par les perspectives économiques dans ces pays qui se développent rapidement grâce aux revenus pétroliers. Les juifs iraniens, la plus nombreuse communauté juive du Moyen-Orient, migrent vers Israël en masse à partir de la création du pays, en 1948. Plus de 67000 iraniens vont ainsi partir en Israël, permettant à certains membres de la communuaté d’obtenir par la suite les plus hautes responsabilités au sein de l’Etat Hébreu (Moshe Katsav, ancien président de la république d’Israël, Shaul Mofaz, ancien ministre des transports). D’autres iraniens dans d’autres pays ayant fait partie de cette vague de migration accèderont à des postes de pouvoir par la suite, comme Pierre Omidyar, le fondateur d’e-bay, Omid Kordestani, vice-président de Google. Les migrants iraniens seront plus de 250 000 à quitter le pays pendant cette première phase.

La deuxième phase correspond aux débuts de la République islamique, entre 1979 et 1995. Pendant cette deuxième phase d’immigration, le profil des candidats à la migration change : les premiers à partir sont les socialistes et les libéraux, devenus persona non grata dans la république islamique nouvellement fondée. Peu avant la révolution, et après la victoire des religieux, les minorités religieuses, craignant les persécutions, fuient également. Les arméniens et les bahais sortent également du pays en se dirigeant majoritairement vers les Etats-Unis. Suivent ensuite les jeunes hommes fuyant la conscription quand la guerre Iran-Irak commence en 1980. Des familles laïques et libérales choisiront également de partir d’Iran pour échapper aux nouvelles restrictions mises en place par le nouveau régime religieux de Téhéran. Enfin, avec la fermeture des universités au cours de ce qui est appelé la “révolution culturelle” (1980-82), ce seront des professeurs qui choisiront de quitter l’Iran. Le nombre de professeurs d’universités passera ainsi de plus de 16000 à 9000 entre 1979 et 1982. Pendant cette période troublée, certains migrants quittent le pays clandestinement vers la Turquie ou le Pakistan avant de faire une demande d’asile dans des pays occidentaux. On comptera environ 300 000 départs pendant cette période, en majorité vers les Etats-Unis, l’Allemagne, la Suède, le Canada, Israël, mais aussi vers la France, l’Autriche, l’Australie, la Belgique…

La troisième phase commence vers 1995, avec une caractéristique nouvelle : ce ne sont plus seulement les populations les plus éduquées qui quittent le pays, mais une émigration économique apparait. Des membres de la classe ouvrière quittent le pays pour aller travailler à l’étranger et fuir ainsi les mauvaises conditions économiques de leur pays d’origine. La fuite des cerveaux s’accélère à cette période ; les étudiants iraniens sont des plus en plus nombreux à aller poursuivre leurs études dans des universités étrangères, des Etats-Unis à la Malaysie en passant par les pays européens. Nombreux seront ceux qui resteront par la suite à l’étranger. Contrairement aux vagues de migration précédentes, les migrants originaires des provinces sont en proportion plus nombreux que ceux originaires des grandes villes iraniennes. Il s’ensuit une plus grande difficulté d’intégration dans les pays d’accueil. Une des caractéristiques de cette période de migration est aussi l’augmentation des demandes d’asile, puisque la situation des droits de l’homme s’est dégradée après 1995. Le HCR comptait en 2005 plus de 111000 réfugiés, demandeurs d’asile d’origine iranienne dans le monde. Cependant, ces chiffres sont à tempérer car de nombreux iraniens sortent illégalement de leur pays et arrivent tout aussi illégalement dans leurs pays d’accueil, sans pouvoir être comptés avec exactitude. Durant ces vingt dernières années, plus de 300 000 personnes sont sorties d’Iran, et la tendance ne semble pas s’inverser, bien au contraire.

En ce début de deuxième décennie du 21ème siècle, la diaspora iranienne représente 2 à 3 millions de personnes de par le monde, nés en ou hors Iran, de parents iraniens. Ils sont principalement répartis en Amérique du Nord, en Europe occidentale, en Israël, dans les pays du Golfe Persique ou en Italie. La communauté iranienne la plus nombreuse et la plus influente se trouve aux Etats-Unis, et plus particulièrement en Californie. Leur nombre est si important dans l’agglomération de Los Angeles que les iraniens ont surnommé cette ville “Irangeles”…

Références :

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Polka Galerie

Vous connaissez peut-être déjà Polka, le magazine qui répond aux attentes d’un public amateur de photographie de plus en plus nombreux. Il accueille dans ses pages ‘papier’ et ‘Internet’, et sur les murs de ses expositions, les grands noms du photojournalisme. Ces photographes qui racontent en image l’histoire du monde et des hommes.

Polka accueille des expositions dans sa galerie parisienne dans le 3ème arrondissement. Jusqu’au 7 février, vous pourrez découvrir En route vers l’Orient, présentant des inédits et des vintages de Marc Riboud. Jusqu’à la même date et à la même adresse, l’exposition United Colors présente des photographies de Roxane B., Julio Bittencourt, Alexandra Boulat, Bruno Calendini, Carlos Cazalis, Xavier Desmier, Diane Grimonet, Tomasz Gudzowaty, Françoise Huguier, Marc Riboud, Lizzie Sadin, Zohreh Soleimani.

Une seule adresse pour la Polka Galerie : Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles 75003 Paris (plan google maps)

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Bonne Année !

Je souhaite à tous une année 2010 placée sous le signe de la santé, du bonheur et de la réussite.

I wish you all an excellent year 2010. May this new year be prosperous for your and your families, full of joy, peace and happiness.

Meilleurs Voeux ! Best Wishes !

Meilleurs Voeux ! Best Wishes !

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